La pathogénésie
Contenus généraux
La pathogénesie désigne l'ensemble des symptômes provoqués par l'administration expérimentale d'un médicament à un sujet sain, sensible à la substance étudiée.
 
La pathogénésie médicamenteuse comporte trois sortes de données :
  • Les symptômes proprement dits, induits chez des sujets d'âge et de sexe différent par une substance délivrée à des doses diverses mais non toxiques,
  • Les effets toxiques enregistrés lors des intoxications accidentelles,
  • Les symptômes vérifiés par l'expérimentation clinique lors de l'utilisation du médicament chez le malade.
Le recueil de l'ensemble des pathogénesies constitue la matière médicale.
Dès 1811 HAHNEMANN publie les résultats des ses recherches sur l'homme sain, écrit en 1821 un Traité de matière médicale pure complété par un second tome en 1834.
 
1- Expérimentation chez l'homme sain :
L'expérimentation chez l'homme sain a débuté avec les travaux d'HAHNEMANN, qui essayait sur lui-même les substances et notait les effets produits.
Pour que l'expérimentation soit valable scientifiquement, elle doit être reproductible, avec des paramètres définis et quantifiés :
  • La substance employée
  • La dose employée
  • Non-toxicité de la substance
  • Sujet devant être sain 
Les critères étant respectés, tous les signes qui apparaissent sont notés :
 
Objectifs : visibles sur le sujet
fièvre, sueurs, tremblements, vomissements
Subjectifs : ressentis par le sujet, sensations personnelles :
douleur soulagée par le chaud, douleur majorée au début du mouvement puis soulagée par le mouvement mais ensuite aggravé si le mouvement dure trop longtemps (arthrose, bien décrite dans le langage populaire " j'ai des rhumatismes, j'ai du mal à me lever mais lorsque mon articulation est chaude , cela va mieux, mais il ne faut pas que je force trop longtemps)
 
Ceci permet d'établir les modalités de la substance médicamenteuse.
 
 
2- Les effets toxiques enregistrés lors des intoxications accidentelles :
 
Les intoxications peuvent être de deux sortes, aigues ou chroniques.
Aigue : L'intoxication aigue ne présente pas de signe spécifique de la substance ingérée, mais des signes généraux violents, brutaux (vomissements, diarrhée, pouvant même conduire à la mort) communs à toutes les intoxications aigues volontaires ou accidentelles.
Chronique : L'intoxication chronique survient de manière insidieuse parfois découverte lors de contrôle systématique(médecine du travail pour les maladies professionnelles).
Les signes cliniques(symptômes)sont divers, variés, particuliers à chaque substance.

Les symptômes apparus lors de l'intoxication chronique sont décrits de façon très détaillée, en notant les aspects fonctionnels, sans oublier de noter la durée de l'intoxication.
 
3- Les symptômes vérifiés par l'expérimentation clinique chez le malade.
 
Une piqûre d'abeille provoque un gonflement rosé de la peau, avec sensation de piqûres par des épines brûlantes sous la peau.
De façon naturelle par expérience on sait que cette douleur est soulagée par le froid (améliorée sous l'eau froide) et majorée par le chaud (aggravée avec une compresse chaude).
De façon expérimentale : Un malade présente une éruption ayant les mêmes signes, les mêmes caractéristiques :
 
Objectifs : Peau rosée
Subjectifs : Sensation de piqûres par des épines brûlantes sous la peau, cette douleur est calmée par le froid (améliorée sous l'eau froide) et stimulée par le chaud (aggravée avec une compresse chaude).
- On administre une dose diluée de venin d'abeille APIS MELLIFICA.
- On observe une amélioration nette, des signes objectifs et subjectifs du malade.
- On conclut donc à une efficacité thérapeutique d'APIS MELLIFICA.
 
Ceci démontre l'efficacité de la médecine homéopathique :
Une observation clinique permet d'émettre une hypothèse.
L'hypothèse est clairement définie par des paramètres, quantifiés, donc reproductibles.
L'expérience est faite sur des sujets dont les caractéristiques sont définies par les paramètres.
Les résultats de l'expérience démontrent l'hypothèse.
L'hypothèse est donc vérifiée.
L'action thérapeutique est prouvée.